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Le point sur les OGM autour du MONDE
Le 19 janvier 2001
Vu dans Biocontact La résistance s'organise
ETATS-UNIS
Le maïs transgénique responsable de la mort des papillons Monarque, confirmation par une étude scientifique.
Washington, 22 août 2000. Une étude de deux ans, menée dans les champs aux Etats-Unis, sur les effets du maïs transgénique, a confirmé que le pollen provenant des céréales transgéniques peut tuer les papillons Monarque. Ces résultats, provenant de l'Université de l'Etat de l'Iowa et validés par une étude en laboratoire en 1999, ont été publiés dans le journal scientifique Oecologia : ils montrent que l'insecticide Bt du maïs peut être nuisible pour les larves du Monarque
L'étude conclut que les risques pour les Monarques sont réels : Les effets écologiques des céréales transgéniques résistantes aux insecticides ont besoin d'être pleinement évalués avant d'être plantés sur des superficies plus importantes... Les fabricants d'aliments aux Etats-Unis doivent prendre leurs responsabilités et arrêter d'utiliser ces aliments transgéniques non testés, déclarent les militants écologistes.
L'Agence de Protection de l'Environnement Américaine (EPA) annonçait au début du mois que l'examen des céréales génétiquement modifiées serait remis à une date ultérieure, alors qu'elle avait déjà admis qu'environ 8 millions d'hectares de maïs Bt étaient cultivés aux Etats-Unis. Greenpeace, le Centre de la Santé Alimentaire et un comité d'agriculteurs biologiques ont lancé un procès contre l'EPA l'année dernière pour forcer l'agence à résilier l'inscription des céréales Bt en évoquant les effets potentiels sur des espèces non ciblées, comme les papillons Monarque.
L'industrie des biotechnologies a largement promu le maïs Bt comme un moyen pour les agriculteurs de réduire l'utilisation d'insecticides. Déjà l'étude de l'Etat de l'Iowa démontre qu'avant que le maïs génétiquement modifié soit disponible, seulement 2 % de ce maïs étaient traités contre les insectes par une toxine Bt. D'autres analyses ont aussi prouvé que les céréales transgéniques ne diminuaient pas l'utilisation de pesticide.
Le mais Bt n'est bénéfique que pour l'industrie des biotechnologies, quitte à faire courir des risques aux consommateurs et à l' environnement. Malgré l'évidence de graves menaces pour l'environnement, l'EPA continue de crier haut et fort que la voie est libre aux industries de biotechnologie (dites plutôt nécrotechnologies, ndlr).

BRESIL : Une zone interdite aux OGM
Le nouveau gouverneur de l'Etat du Rio Grande do Sul (membre du PT, Parti des Travailleurs, fondé par le célèbre Lula) a annoncé que cet état serait dorénavant une zone interdite aux OGM, se basant sur une loi locale de 1991, stipulant que les évaluations de l'impact sur l'environnement devaient être réalisées avant que les essais sur le terrain puissent être mis en place.
En l'absence d'études réalisées par les producteurs, les 79 cultures en place ont été déclarées illégales. La bataille juridique continue, Monsanto ayant fait appel de jugements (basés sur les mêmes fondements) dans le reste du Brésil. Aux dernières nouvelles, Monsanto a été débouté.

CHINE : Les OGM font un tabac !
Opacité sur les OGM. On en parle peu et pourtant... La Chine fut, en 1992, le premier pays à semer une culture transgénique : c'était du tabac, résistant à une maladie virale. L'an dernier, Robert Fraley, de Monsanto, avouait avoir touché 600.000 fermes cotonnières chinoises. Les chiffres aujourd'hui sont contradictoires : près de 2 millions d'hectares en 1997, ou seulement 100.000 ha, selon ces mêmes sources mais pour l'année 1998 ? Ce dont on est sûr, c'est que les essais vont bon train : tabac, coton, mais aussi riz résistants aux herbicides, ainsi qu'à la sécheresse, tomate commençant à produire en février, ou à maturation retardée, soja, maïs, choux résistants à des insectes... sans compter les expériences sur les animaux transgéniques !
Grâce à un transgéne de brebis, des chercheurs tentent d'obtenir une vache qui produirait un lait contenant un remède contre l'hépatite A ! Des recherches sur l'obtention de lait humain maternel par des vaches, après ajout d'un gène humain, ont également commencé... D'après Wong Yangnian, président de la Société chinoise de biotechnologie, la Chine posséderait déjà de nombreuses espèces de poissons transgéniques. Il faut dire qu'en Chine l'opinion publique ne s'est pas du tout mobilisée sur ce thème. Du coup, il y a peu de restrictions sur les expérimentations, bien que le Ministère de l'Agriculture ait mis sur pied un Comité national de Biosécurité depuis peu.
Les multinationales cherchent bien sûr à pénétrer ce marché. Monsanto y vend déjà du coton transgénique2, et aurait monté une joint-venture avec l'Université de Pékin, tandis que Pioneer Hi-Bred vient d'ouvrir un centre de recherche de dix hectares dans la province de Liaoning.

INDE : Une résistance héroïque
L'Inde est l'un des pays où la contestation contre les OGM est la plus forte. Menés par divers syndicats paysans, dont le Karnataka State Farmers assoc. (KRRS), les paysans ont brûlé de nombreux essais de coton de Monsanto en 1998 et 1999 et protestent activement contre les brevets par une campagne de manifestations dont le principal slogan est "no patent on life" (pas de brevet sur le vivant).
Le même KRRS a coorganisé la venue d'une caravane intercontinentale des Indiens en Europe en mai-juin 1999, afin de dénoncer la mondialisation sauvage dont les OGM sont un avatar.Vandana Shiva (témoin au procès de José Bové), la très médiatique directrice de la Research Foundation for Sciences, Technology and Ecology, a obtenu, en février 1999, un jugement de la Cour Suprême indienne déclarant que les essais à grande échelle de coton transgénique étaient suspendus tant que des règles strictes de protection de l'environnement, de la biodiversité et de la santé des consommateurs ne seraient pas définies.
L'Inde, à l'instar d'autres pays en développement (tels le Brésil, le Costa-Rica, l'Egypte ou encore l'Indonésie...), tente de mettre en place une législation qui permettrait aux pays de protéger leurs ressources naturelles par un système national (appelé aussi sui generis), alternatif au droit occidental des brevets. Ainsi, avant de déposer un brevet, une firme devrait clairement indiquer d'où provient son matériel génétique, les populations disposant d'un droit de regard afin de contester un brevet avant obtention. Le Conseil Indien de la Recherche a commencé à relever les empreintes des variétés végétales pour prouver leur origine en cas de conflit, comme actuellement autour du riz basmati !

PHILIPPINES : Loi sur la Biosécurité
Dès 1989, la société civile philippine a mené une campagne contre les essais de l'IRRI (variété locale d'INRA, ndlr) sur le riz transgénique. En interceptant en avril 1995 du riz Bt provenant de Zürich pour l'IRRI, les activistes de Greenpeace ont réussi à relancer le débat et à le porter jusqu'au Congrès. Aujourd'hui, une nouvelle campagne lutte contre l'assouplissement de la loi nationale de biosécurité, aidée par l'Union of Concern Scientist, ainsi que par Greenpeace-France et Autriche (analyse d'échantillons). L'enjeu est de taille, car un assouplissement de cette loi signifierait notamment l'introduction massive de maïs Bt, utilisé pour un cinquième de la production pour l'alimentation humaine. Le combat, vital, continue...

Et ailleurs...
Au Japon, les consommateurs n'en veulent plus. Devançant la loi sur l'étiquetage obligatoire, de nombreuses firmes japonaises ont complètement abandonné les OGM. La Thaïlande interdit toute importation d'OGM pour l'alimentation humaine. L'Equateur introduit un article sur la biosécurité dans sa constitution, mais les lois d'applications n'ont pas encore été votées. En Europe, la contestation est grandissante...

Thierry Raffin, animateur du Collectif OGM Danger.
Sources : Terre Citoyenne. Pour plus d'information :
-Terre Citoyenne, collectif anti-OGM édite pour la France un journal mondial, gratuit, (formidablement bien documenté et agréable à lire) qui fait le point sur toutes les actions dans le monde : à commander avec une enveloppe A4 timbrée à 3,50 F adressée à votre nom à : Frédéric Prat, Geyser, rue Haute, 34270 Claret, tél : 04.67.02.82.09, fax : 04.67.02.81.59,
e-mail : Frederic.Prat@geyser.asso.fr,
web : http://sentenext1.epfl.ch/fph/French.wlproj/apm.html (site dont le but est de permettre aux paysans et au monde rural de participer activement aux mutations nécessaires vers des agricultures et des systèmes alimentaires durables. Et de soutenir des réseaux internationaux impliquant différentes composantes de la société).
- Greenpeace-France,Véronique Papon, 22, rue des Rasselins,75020 Paris, tél. : 01.44.64.02.08, fax : 01 44 64 02.00,
e-mail : Arnaud.Apoteker@diala.greenpeace.org.
- Action OGM, 4, rue Bodin, 69001 Lyon, édite un guide d'action sur les OGM 32 pages, envoi contre 10 F en timbres).
- Inf'OGM, 2B, rue Jules Ferry, 93100 Montreuil, tél. : 01.48.51.65.40 édite un bulletin mensuel gratuit, accessible en ligne,
web : www.infogm.org (site francophone de veille citoyenne sur les OGM et les biotechnologies).
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