La période hivernale est marquée par la recrudescence des problèmes respiratoires et articulaires. Malgré une bonne hygiène de vie, un habitat sain, nul n’est à l’abri d’une infection respiratoire par contamination directe ou d’une crise de rhumatismes d’origine climatique. Les huiles essentielles et baumes sont de remarquables alliés de votre santé et de votre bien-être. Leur bon usage répond à certaines règles simples mais précises... En cas de maladie déclarée, pas d’improvisation ni d’automédication. Consultez votre praticien habituel. Guy Roulier nous aide ici à y voir plus clair...
Quelle différence entre essence, huile essentielle, oléorésine et baume
L’huile essentielle est un composé naturel huileux volatil et odoriférant, extrait par distillation à la vapeur d'eau de diverses parties des plantes. Exemple : rhizome (gingembre), bois (bois de rose), feuilles (petit-grain), parties aériennes (menthe), sommités fleuries (camomille), fleurs (ylang-ylang), semences (anis)... Exigez la garantie bio ou au minimum 100 % pure et naturelle.
L’essence naturelle est un composé aromatique extrait par expression du zeste de certains fruits (bergamote, citron, mandarine, orange, pamplemousse...).
L’oléorésine, ou baume, est extraite par perforation ou incision du tronc de certains arbres (exemple : pin, copahu, baume de Tolu...). La plupart sont distillées afin d’éliminer la résine, allergisante (Pinus pinaster, Copaifera officinalis).
Si le terme huile essentielle définit un produit naturel extrait à la vapeur d’eau, le terme « essence » prête à confusion. En effet vous trouvez, dans certaines boutiques, de l’essence de rose ou de l’essence de néroli à des prix défiant toute concurrence. Attention, il s’agit de composés formés d’un savant mélange de molécules de synthèse, d’hémi-synthèse et d’huiles essentielles d’odeur proche.
Le bon usage des huiles essentielles doit répondre à certaines règles de bon sens.
- Utilisez de préférence la voie cutanée (massages, bains). Cette voie ne présente aucun inconvénient si on sait choisir des huiles essentielles douces et diluées (s’abstenir si l’on est allergique). Pas d’application chez la femme enceinte, le nourrisson et le jeune enfant sans avis médical.
- Ne mettez jamais d’huile essentielle, même diluée, dans les yeux ni dans les oreilles. En cas de projection dans les yeux, nettoyez avec un coton imbibé d’huile végétale de qualité (olive, tournesol...).
- Bien choisir le moyen d’absorption : la voie externe est toujours préférable en massages, bains ou aérosols. La voie interne doit être employée avec prudence à faible dose (s’abstenir si l’on est allergique) et pour une période limitée à quelques jours.
- Respecter les doses physiologiques :
Voie interne : diluer de préférence l’huile essentielle à 10 % dans de l’huile, un dispersant naturel ou une cuillerée de miel. Pas plus d’une goutte d’huile essentielle par tranche de 10 kg corporel. Pas d’usage continu.
Voie externe : En onctions : 5 à 10 gouttes en onctions diluées à 5 ou 10 %. Bains: 25 à 50 gouttes par bain diluées de 1 à 5 % dans une base neutre. - Evitez d’utiliser les huiles essentielles agressives pour la peau : thym, sarriette, origan, cannelle (écorce). Ou alors diluez-les fortement dans une huile grasse (1 à 2 % maximum).
- Stockez vos huiles essentielles à l’abri de la lumière et de la chaleur et hors de portée des enfants. Gardez votre flacon bien fermé pour éviter l’oxydation.
- Respecter une bonne hygiène de vie : les huiles essentielles régulatrices et équilibrantes complètent l’action bénéfique d’un mode de vie sain, mais ne dispensent pas de suivre les règles de l’hygiène naturelle.
Dans tous les cas, demandez conseil à votre fournisseur ou à votre praticien pour choisir les huiles essentielles correspondant à votre terrain. Pour les aérosols, faites confiance à votre nez et choisissez celles qui vous plaisent olfactivement.
Les cinq critères de choix des huiles essentielles
Les plantes, en général, les huiles essentielles, baumes, eaux florales, huiles végétales doivent être garantis 100 % purs et naturels et répondre, pour la sécurité du consommateur , aux cinq critères suivants :
- Espèce botanique : il est essentiel de connaître avec précision l’espèce botanique des plantes utilisées car un même terme peut désigner des produits différents. Par exemple il ne faut pas acheter de l’huile essentielle d’Eucalyptus qui est le nom d’un genre qui comprend plus de 700 espèces mais préciser Eucalyptus globulus, radiata, citriodora ou autres. Seule l’espèce correspond à une plante précise.
- La partie du végétal d’où est extraite l’huile essentielle doit être absolument précisée. Exemple : l’oranger produit trois produits très différents selon la partie traitée : essence d’expression du zeste, huile essentielle de petit-grain extraite des feuilles, huile essentielle de néroli issue de la distillation des fleurs... Autre exemple, celui de la cannelle : l’écorce possède cet arôme épicé vanillé bien connu alors que les feuilles possèdent une odeur typique de clou de girofle.
- Le chémotype pour certaines huiles essentielles doit être indiqué. Certaines espèces varient en effet considérablement de composition biochimique en fonction de paramètres génétiques et bioclimatiques (altitude, ensoleillement, pluviosité...). C’est le cas en particulier du thym qui comprend au moins sept chémotypes bien étudiés.
- Origine géographique, mode de culture. Les produits doivent être issus soit de culture biologique, soit de cueillette sauvage provenant des forêts tropicales ou de zones éloignées des zones polluées, soit de cultures traditionnelles contrôlées, dans des zones rurales non polluées.
- Le mode et année d’extraction : les huiles essentielles sont extraites à la vapeur d’eau à faible pression (les eaux florales sont recueillies lors de la distillation).
Les fournisseurs sérieux doivent pouvoir donner pour chaque lot d’huile essentielle un chromatographie donnant la proportion de ses composants.
Attention aux faux labels, autodécernés, de certaines marques qui prétendent être les seules à fournir des huiles essentielles de qualité. Les seuls labels autorisés sont ceux délivrés par le ministère de l’Agriculture. Le plus connu reste le logo AB, mais ce dernier ne concerne, hélas, que les huiles essentielles que l’on peut ingérer, donc entrant dans le champ alimentaire (par exemple : citron, lavande, menthe...). Pour les huiles essentielles non alimentaires, les mentions Nature et Progrès et Demeter restent des références reconnues et fiables. Déjà en pointe dans l’élaboration du premier cahier des charges des cosmétiques bio, Nature et Progrès continue à travailler à la reconnaissance de toutes les huiles essentielles.
Les différentes techniques
Toutes les techniques sont utilisables.
Voie interne : bois de rose, thym, mais diluées à 5 % dans de l’huile ou un dispersant végétal. Une cuillerée de miel de qualité fera l’affaire, et le délice des enfants.
Voie externe : aérosols à utiliser comme antiseptique atmosphérique à la maison ou au bureau (pin maritime ou sylvestre, eucalyptus globulus, myrte...).
Aérosols individuels : utiliser un micro-diffuseur (attention aux diffuseurs qui chauffent trop les huiles, rappelons que la bonne température de diffusion pour les huiles essentielles, c’est celle du corps humain) et des huiles essentielles très douces comme Eucalyptus radiata, Lavandula aspica, Melaleuca alternifolia ou Melaleuca quiquinervia viridiflora (niaouli), Ravensara aromatica...
Massage thoracique : préventif et curatif de la grippe. On peut pratiquer l’embaumement aromatique en faisant pénétrer jusqu’à 5 à 10 ml d'huiles essentielles d’Eucalyptus radiata ou Melaleuca dès les premiers signes d’atteinte grippale. Très efficace associé au chlorure de magnésium, homéopathie, oligoéléments, gemmothérapie et plantes immunostimulantes comme l’Echinacea augustifolia.
Massage endonasal : remarquable traitement des sinusites. J’utilise la formule suivante : Ravensara aromatica, Mentha piperita, Lavandula aspica, Eucalyptus radiata, Melaleuca, 5 % du mélange dilué dans de l’huile de Rosa mosqueta. (2 cotons-tiges imbibés d'huiles essentielles fortement diluées dans de l’huile fine à 2 ou 5 %). Placez à l’intérieur du nez : laissez en place 15 minutes.
Inhalations : 2 ou 3 gouttes d’huiles essentielles (Ravensare, Eucalyptus radiata), restez une dizaine de minutes, la tête sous un linge propre.
Bains : le bain constitue un traitement de choix par l’intense accélération de la micro-circulation qu’il provoque. Diluez les huiles essentielles avec un dispersant végétal, de l’huile ou une noix de beurre de Karité.
Les huiles essentielles de base
Bois de rose (Aniba rosaeodora). Origine : Brésil sauvage (Amazonie), Guyane. Propriétés et indications : tonique, antiseptique. Conseillée dans les angines. A appliquer dès la première sensation de gêne. Conseils d'utilisation : 1 goutte pure ou diluée 4 à 6 fois par jour.
Eucalyptus globuleux (Eucalyptus globulus). Feuilles. Propriétés et indications : facilite la dissolution et l'élimination des glaires bronchiques, anti-infectieux vis à vis des bactéries et virus. Utilisations : voie externe : en onction sur le thorax. Voie interne : en inhalation, gargarismes ou aérosols. La mélanger de préférence avec de l'huile essentielle d'Eucalyptus radiata, de Niaouli, de Pin ou de Ravensara car, utilisée seule, elle dessèche trop rapidement les muqueuses.
Eucalyptus à feuilles radiées (Eucalyptus radiata). Remarquable variété d'eucalyptus, particulièrement indiquée pour les enfants mais aussi chez l'adulte où sa souplesse d'emploi justifie l'usage fréquent de son huile essentielle en aromathérapie. Propriétés et indications : anti-infectieuse, énergisante puissante, l'huile essentielle est particulièrement recommandée dans les affections respiratoires aiguës et chroniques dans les pertes d'énergie (fatigue chronique), dans les déficits immunitaires. Utilisations : aérosols, onction locale ou générale. A utiliser dans la technique de vitalisation.
Mélaleuque alternifolia (Melaleuca alternifolia). Propriétés et indications : voisines de celles du niaouli (voir niaouli). Le Melaleuca bio de Madagascar est particulièrement recommandé.
Menthe poivrée (Mentha piperita). Feuilles. Propriétés et indications: anti-infectieux et anti-inflammatoire. Très utile dans les maux de tête, céphalées et migraines ainsi que dans certaines sinusites. Améliore la circulation locale au niveau des yeux. A intégrer dans des mélanges synergiques pour inhalation dans les sinusites.
Niaouli (Melaleuca quinquinervia viridiflora). Feuilles. Propriétés et indications : antiseptique général, bactéricide, antiviral (grippe...), particulièrement indiquée pour les affections respiratoires. Utilisation : surtout en inhalations et onctions cutanées. Peut être employée pure sans inconvénient. Il s'agit là d'une huile essentielle de première importance à utiliser dès les premiers signes d'infection respiratoire.
Pin maritime (Pinus pinaster). Résine (térébenthine de Bordeaux). Propriétés et indications : antiseptique pulmonaire et des voies urinaires, fluidifie et facilite l'évacuation des sécrétions bronchiques. Par voie externe : antiseptique et bactéricide, révulsive , antirhumatismale et antidouleur en massages et en bains. Utilisation : en inhalations, onctions sur le thorax et les articulations arthrosiques. En bains aromatiques, provoque une rubéfaction intense (vasodilatation) qui décuple le débit circulatoire capillaire et l'élimination des toxines.
Pin sylvestre (Pinus sylvestris). Bourgeons et feuilles. Propriétés et indications : balsamique, antiseptique et fluidifiante des sécrétions bronchiques, utilisée principalement dans les affections respiratoires. Utilisation : en aérosols et onctions thoraciques.
Ravensare (Ravensara aromatica). Lauracée, originaire de Madagascar. Partie utilisée : feuilles. Propriétés et indications : remarquablement tolérée, sans toxicité, l'huile essentielle possède des propriétés anti-infectieuses (antibactérienne et antivirale, antimycosique). Elle est particulièrement indiquée dans la grippe, les infections de l'arbre respiratoire. Usage : à utiliser en mélange avec des huiles essentielles à phénols (thym) dans les infections de la gorge (angine) et à du Niaouli ou de l'Eucalyptus radiata pour les inhalations et aérosols.
Térébenthine (voir Pin maritime) : produit remarquable utilisé dans la technique d’oxygénation catalytique.
Thym vulgaire (Thymus vulgaris à thymol), tige fleurie. Propriétés et indications : puissant pouvoir antiseptique et antispasmodique, calme la toux. Utilisation : plante fraîche ou sèche en tisane : une c. à café pour une tasse, 3 à 4 tasses par jour.
Ne pas utiliser les huiles essentielles pures pour éviter les irritations de l'estomac : les diluer préalablement dans un dispersant naturel (5 %).
Variétés : le thym doux à linalol n’a pas les effets corrosifs du précédent et peut être employé sans inconvénient pour la peau et les muqueuses. Ce thym sera préféré pour traiter les enfants, les peaux et muqueuses fragiles.
Guy Roulier.
naturmania.com
Il participe à de nombreux congrès et séminaires, signe de nombreux articles dans la presse médicale spécialisée et est l’auteur de nombreux ouvrages dont :
- Les huiles essentielles pour votre santé Editions Dangles
- L’ostéopathie, deux mains pour guérir Editions Dangles.


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