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Le GIEC évalue les impacts des changements climatiques
Le 05 avril 2007
Vu dans novethic.fr

Après une première réunion en février à Paris, où il avait établi avec certitude l'impact des activités humaines sur le réchauffement climatique, le GIEC se réunit à Bruxelles pour étudier la capacité des systèmes humains et naturels à s'adapter aux bouleversements annoncés. Du 2 au 5 avril, les experts identifieront les impacts humains, géographiques et économiques des changements climatiques et évalueront les remèdes possibles. Plus de 600 millions de personnes, notamment en Asie et en Afrique, seront probablement touchées.

Le 2 février 2007, les 600 experts du GIEC réunis à Paris avaient confirmé, avec 90% de certitude, une hausse des températures comprise entre 1,9° et 6,4° d'ici 2100 par rapport à la période 1980-1999. Cette hausse et ses impacts varieront en fonction des efforts qui seront entrepris pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Ce constat posé, les membres du "groupe II" du GIEC vont désormais rendre public leur rapport intitulé "Bilan 2007 des changements climatiques : conséquences, adaptation et vulnérabilité", qui analyse la capacité d'adaptation et la vulnérabilité des systèmes naturels et humains au changement climatique, ainsi que les conséquences potentielles de ce changement. Plus de 1000 experts du monde entier ont contribué à ce rapport dont les 20 chapitres feront état des changements observés et de leurs impacts sur l'eau, sur les écosystèmes, sur l'agriculture, l'industrie et l'assurance, la santé, et la façon dont il affectera les huit grandes zones géographiques mondiales. Les réponses possibles pour l'adaptation et la réduction des émissions de gaz à effet de serre seront abordées à la fin du rapport.
Parmi les effets attendus, les experts soulignent la réduction générale des rendements agricoles dans les régions tropicales et subtropicales, une diminution des disponibilités en eau, une augmentation du nombre de personnes exposées à des maladies à transmission vectorielle (paludisme) ou à des maladies hydriques (choléra) et une hausse de la mortalité due aux agressions thermiques, ainsi qu' une augmentation généralisée du risque d'inondation due à la fois à l'augmentation des épisodes de fortes précipitations et à l'élévation du niveau de la mer. Au plan géographique, les zones côtières et les quelque 634 millions de personnes qui y vivent seront particulièrement vulnérables. Plus de 180 pays comptent en effet des habitants dans ces régions, et 70% d'entre eux abritent des agglomérations de plus de cinq millions d'habitants comme Tokyo, New York, Mumbai (Bombay), Shanghaï, Djakarta et Dacca. En Afrique, en Amérique latine et en Asie, où les possibilités d'adaptation sont généralement faibles, les variations néfastes des débits saisonniers des cours d'eau, les inondations et les sécheresses, les problèmes de sécurité alimentaire, les répercussions sur les pêches, les conséquences sanitaires et l'atteinte à la diversité biologique figurent parmi les principales vulnérabilités.

Canicules : une norme estivale en 2050
Dans les pays en développement d'Asie les systèmes humains font preuve d'une capacité d'adaptation limitée et d'une grande vulnérabilité. Baisse de la productivité agricole, stress hydrique, inondations, sécheresses et cyclones tropicaux porteront atteinte à la sécurité alimentaire. Dans l'Arctique, le changement climatique devrait être plus marqué et plus rapide qu'ailleurs, avec d'importantes répercussions écologiques, sociologiques et économiques, soulignent les experts. Concernant l'Europe, les risques de crue augmenteront de même que les inondations, l'érosion des sols et la disparition de terres humides, avec de lourdes conséquences pour l'industrie, le tourisme ou l'agriculture. De façon moins dramatique qu'en Afrique et en Asie, le réchauffement affectera l'Europe et la France, les canicules devenant, en 2050, la norme estivale. Les hausses de température et les vagues de chaleur pourraient modifier les destinations habituelles du tourisme. Autre secteur touché, celui de l'assurance, apparaît comme de plus en plus vulnérable.
Les pertes économiques imputables aux événements catastrophiques ont été multipliées par 10,3 passant de 3,9 milliards de dollars par an dans les années 50 à 40 milliards dans les années 90. Environ un quart de ces pertes se sont produites dans les pays en développement et posent un réel problème d'adaptation du secteur aux évolutions climatiques.

Dernière étape des travaux du GIEC, le groupe de travail III se réunira à Bangkok, du 30 avril au 3 mai, pour évaluer les solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'atténuation des changements climatiques. Une synthèse de l'ensemble sera faite dans le cadre d'une réunion plénière, à Valence en Espagne, du 12 au 16 novembre 2007.
Véronique Smée novethic.fr
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