Rechercher
Newsletter
Catalogue
ENTRE NOUS Livraison Satisfait ou remboursé Paiement sécurisé La charte Biorespect
Après les négociations, Nicolas Sarkozy rend ses arbitrages
Le 30 octobre 2007
Vu dans novethic.fr
Suspension des OGM, réduction des pesticides, batiments à énergie positive, trasnports...Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir plusieurs mesures de rupture écologique. D'autres, comme la transparence ou le principe de précaution, apparaissent plus floues, tandis que certaines décisions comme la taxe carbone, sont renvoyées à l'étude ou à la négociation européenne. Retardées, les dernières négociations du Grenelle se sont poursuivies vendredi matin.

"La France n'a pas à rougir de ce qu'elle a fait jusqu'à présent. Elle n'est pas en retard mais elle veut désormais être en avance", a affirmé en préambule Nicolas Sarkozy, après qu'Al Gore ait plaidé pour un "grenelle mondial", mercredi soir à l'Elysée. Sur plusieurs dossiers très attendus, -et qui n'avaient pas trouvé de consensus à l'issue des négociations- le président a rendu des arbitrages plus ou moins définitifs. Sur les OGM, il s'est prononcé en faveur de la suspension des cultures à des fins commerciales, "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance qui sera créée avant la fin de l'année". Il s'est également engagé à transposer en 2008 la directive européenne, dossier sur lequel la France a pris un retard considérable. Autre décision précise, l'amélioration de 20% de l'efficacité énergétique d'ici 2020, assortie d'un objectif de 95% d'énergie électrique " sans effet sur le climat " (sans carbone). Pour y parvenir, Nicolas Sarkozy s'appuie sur l'énergie nucléaire, signifiant ainsi qu'aucune réduction de cette source d'énergie ne sera envisagée, contrairement à ce que demandaient la plupart des ONG. Il annonce " en contrepartie " un objectif allant au-delà des 20% d'énergies renouvelables d'ici 2020 fixé par l'Europe, sans toutefois préciser lequel. Un plan aussitôt décrié par le Réseau Sortir du Nuclaire (RAC), pour qui "l'investissement dans les énergies renouvelables n'aura de sens qu'avec l'arrêt du nucléaire (...). Les énergies renouvelables ne doivent pas servir à donner "bonne conscience" aux promoteurs du nucléaire". Reste qu'en la matière, aucune négociation n'aura été possible.

S'agissant des pesticides, objet de confusions et d'affrontements lors des négociations qui ont eu lieu le matin même, le président a finalement tranché pour "une réduction de 50% si possible en 10 ans". "On ne peut plus être, en permanence, dans les seules mains des firmes phyrosanitaires", a-t-il même ajouté. Evoquant l'agricluture biologique, le président n'a pas repris les objectifs chiffrés décidés par les négociateurs (6% de la surface agricole d'ici 2012), annonçant simplement que "les cantines publiques devront au moins une fois par semaine un repas issu de l'agriculture biologique".

Confirmation sur le bâtiment et les transports
Sur l'habitat et les transports, le président a confirmé les points de consensus qui s'étaient dégagé des négociations : les bâtiments neufs devront tous être "à énergie positive en 2020", la rénovation de l'ancien portera sur 400 000 logements chaque année et débutera par celle de 800 000 HLM. Sur les transports, il a également confirmé les 2000 km de TGV supplémtaires et les autoroutes ferroviaires, qui doivent permettre de retirer un million de camions d'ici 2020. Enfin, la création de l'éco-pastille (bonus/malus environnemental) sur les voitures est retenue. Son produit doit "permettre de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable, pour aider au rachat d'un véhicule propre", a précisé le chef de l'Etat.

Parallèlement à ces arbitrages, le président a évoqué des mesures plus abstraites, telles que l'affirmation du principe de précaution et du principe de "transparence totale des informations", y compris sur les OGM et le nucléaire. Un principe qui toutefois a des limites, celle du secret industriel (qui est argument systématiquement évoqué par les producteurs d'OGM...) et celle de la sécurité nationale (également évoqué s'agissant du nucléaire...).

Enfin, une des mesures les plus attentudes, la taxe carbone sur les énergies fossiles, est renvoyée "à l'étude", le président s'étant engagé à ce qu'elle soit créée "en contrepartie d'un allègement de charges sociales sur le travail", souhait exprimé par le MEDEF, qui avait demandé qu'aucune taxe nouvelle ne soit appliquée sans compensation.

Vigilence des ONG
Mercredi soir, les réaction des ONG de l'Alliance étaient mitigées. "Le président de la République a annoncé des mesures ambitieuses et mais il reste de nombreuses contradictions (...) Le flou continue de planer sur des sujets parmi les plus lourds : pesticides, incinération, nucléaire... Nicolas Sarkozy n'a pas dépassé les contradictions françaises", a déclaré Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France. Tout le travail des ONG consiste désormais à suivre attentivement l'application de ce qui aété annoncé. Nicolas Hulot, lui, semble plus satisfait, assurant que l' "on est entré dans l'ère de l'écologie. On est passé à l'action. On est confiant, heureux (...) On donne un prix au carbone qui va permettre des changements de comportement. C'est très important ", a-t-il déclaré, anticipant les décisions finales concernant la taxe carbone. Arnaud Gossement, porte-parole de la fédération France nature environnement (FNE) estime que "pour la première fois, nous avons un président qui n'oppose pas dans son discours économie, croissance et écologie alors même qu'il a été élu sur la croissance (...) Après, tout reste à faire."
Enfin, les négociations, jeudi soir, n'étaient pas terminées. Des sujets majeurs comme les agrocarburants, la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l'expertise et lanceurs d'alerte et la publicité devaient encore être examinés vendredi matin.

Véronique Smée novethic.fr
CGV
|
Contact
|
Infos légales
|
Sites amis
|
RSS