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La nouvelle agriculture
Le 15 septembre 2008
Vu dans novethic.fr

A l’heure où l’agriculture traditionnelle s’essouffle, des alternatives émergent. Biologique, biodynamique, ou simplement plus respectueuse de l’environnement, la nouvelle agriculture se veut plus un retour aux sources qu’une innovation. Même si la place de ces cultures restent minoritaire, la prise de conscience s’étend, aussi bien chez les consommateurs que chez les agriculteurs.

L’Homme aurait-il oublié à quel point la terre lui est indispensable ? On pourrait le croire, aux vues des récentes dérives liées à l’agriculture. Les pesticides et les engrais, utilisés à outrance ces 50 dernières années, ont eu des conséquences dramatiques sur les terres. Les agronomes Claude et Lydia Bourguignon ont fait de la défense des sols leur cheval de bataille (voir article « La terre n’est pas un produit industriel »). Ils expliquent comment, usées et vidées de leurs richesses, les terres agricoles ne pourront bientôt plus être aussi productives. A moins de casser le rythme actuel des cultures, et de revenir à une agriculture à l’écoute des sols.

L’atteinte des terres impacte également les cours d’eaux et les littoraux. Une étude scientifique publiée le 15 août dans la revue Science montre que l’eutrophisation des zones côtières est en forte croissance. La surface des “zones mortes” doubleraient tous les dix ans, atteignant aujourd’hui 245000 km². L’impact évident sur l’écosystème marin pourrait finir par toucher d’autres secteurs, comme la pêche et le tourisme. Pour contrer cette catastrophe en puissance, certains industriels s’engagent dans des démarches novatrices. Il s’agit de redéfinir les critères de l’agriculture pour l’intégrer dans une gestion plus durable de l’environnement.

La main de l’Homme atteint aussi indirectement les champs, et les changements climatiques mettent à mal l’agriculture : sécheresses, canicules, inondations, changements brutaux de température, etc. Dans de telles conditions, il devient difficile pour les agriculteurs de maintenir un rendement régulier. Les OGM apparaissent alors comme une solution miracle pour des cultures plus résistantes... à moins qu’ils ne soient un danger supplémentaire, pour les consommateurs notamment.

Car tout ce qui se passe dans les champs atteint finalement nos assiettes. Couverts de pesticides, imbibés d’engrais, génétiquement modifiés, les fruits et légumes ont surtout perdu de leur qualité. De plus en plus de consommateurs se tournent vers l’agriculture biologique, perçue comme un retour à des produits sains, ou encore vers les Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), qui privilégient les produits cultivés localement. La demande est telle que l’offre ne suit plus, et un plan de réforme de l’agriculture bio a même été prévu. Mais les aides à la conversion vers des cultures bio restent malgré tout insuffisantes, selon la Fédération nationale des agriculteurs biologiques (FNAB). Les difficultés sont également d’ordre technique, et les agriculteurs ont besoin de suivi et de formation. Autant de raisons pour lesquelles l’aide de l’Etat est vivement réclamée par le secteur.

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