Grenelle : présentation du plan énergies renouvelables
Le 25 novembre 2008
Vu dans novethic.fr
Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo a présenté lundi 17 novembre son plan de développement des énergies renouvelables. Parmi les 50 mesures, un fonds d’un milliard d’euros sera destiné au développement du chauffage écologique.
Le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) a présenté lundi un plan pour le développement des énergies renouvelables. Cette série de mesure est directement tirée des conclusions du Grenelle de l’environnement ; elle doit permettre d’atteindre l’objectif de réduction de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) d’ici 2020, ainsi que l’objectif européen de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale. «Nous avions historiquement une avance dans plusieurs domaines du secteur ; nous l’avons perdue. Ce plan doit nous permettre de la retrouver», a expliqué Jean-Louis Borloo.
Le ministre Jean-Louis Borloo a surtout annoncé la mise en place, dès 2009, d’un «fonds chaleur renouvelable» pour encourager le développement des modes de chauffage alternatifs. Ce fonds, confié à l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), sera doté d’un milliard d’euros pour les trois premières années, puis d’environ 800 millions d’euros tous les ans. Le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER), qui revendiquait un tel fonds depuis longtemps, s’inquiète aujourd’hui de son financement. Les sommes proviennent d’une redistribution du budget du MEEDDAT, adopté à l’unanimité le 6 novembre, qui allouera en 2009 moins d’argent aux missions territoires. Seul 30% de ce milliard proviendra de subventions ; les deux tiers restants viennent des caisses privées, de celles des collectivités locales, ou de celles de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF) et de l’ADEME.
Biomasse et géothermie à l’honneur
Parmi les 50 mesures proposées du plan pour les énergies renouvelables, une belle part est consacrée à l’énergie tirée de la biomasse. Un tiers de l’augmentation de la production d’énergie renouvelable prévu pour 2020 proviendra du développement de cette filière. Deux appels d’offres pour la construction de centrales thermiques alimentées par la biomasse ont déjà été lancés, et un troisième doit suivre «dans les prochaines semaines». «Ces appels d’offres mettent les décisions entre les mains des grandes entreprises, et laissent les PME à la marge» regrette Marc Jedliczka, vice-président du CLER. Les 22 centrales en projet de construction bénéficieront du rachat de leur électricité à un tarif préférentiel. L’aide aux particuliers pour l’installation de chaudières individuelles au bois sera maintenu «à un haut niveau», précise le ministère.
Idem pour les pompes à chaleur : leur succès grandissant, grâce au crédit d’impôt, ne devrait pas ralentir. D’ici 2020, 2 millions de foyers devraient en être équipés, maintenant la France à sa place de leader européen du marché. La production d’énergie par géothermie ou par pompes à chaleur sera multipliée par 6 dans la même période. Il s’agit de «relancer à grande échelle la géothermie» explique le ministère, avec notamment une révision du tarif de rachat de l’électricité produite par la géothermie.
Centrales solaires et éoliennes offshore
Avec une progression de 85% l’an dernier, l’éolien tient aussi une grande place dans le plan du MEEDDAT. Par rapport à 2007, la puissance du parc sera multipliée par 10 et le nombre d’éoliennes par 4, soit 8000 éoliennes produisant 25000 MW en 2020. Des objectifs insuffisants pour que la France double ses voisins allemands (20000 MW en 2008) et espagnols (11000 MW en 2008, 20000 MW prévus en 2010) toujours leaders du secteur. Les tarifs d’achat préférentiels seront maintenus au moins jusqu’en 2012, et le ministre a insisté sur sa volonté de «simplifier le système d’installation des éoliennes en mer». Tout, donc, pour favoriser le bourgeonnement de ces installations si peu appréciées des Français… mais de façon plus stricte, en «améliorant la planification territoriale» et en «prévenant les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains».
Au sujet du photovoltaïque, autre secteur à forte croissance en France, Jean-Louis Borloo parle de «changement d’échelle de masse». Et pour cause : la puissance cumulée des panneaux photovoltaïques sur le territoire sera multipliée par 400 d’ici 2020, atteignant 5400 MW. Le ministre voit déjà la France devenir «leader mondial dans le secteur»... Pour cela, un appel d’offres pour la création, d’ici 2011, de centrales solaires dans chaque région française sera lancé fin 2008. Un nouveau tarif préférentiel verra le jour, pour le photovoltaïque intégré aux bâtiments professionnels (45 cts€/kWh). Pour les particuliers, les démarches administratives et fiscales seront simplifiées, «une vraie avancée» pour Marc Jedliczka, mais les tarifs ne seront pas augmentés. «Pourtant, 30 cts€/kWh ce n’est pas assez. Et les aides pour les panneaux intégrés ne concernent de fait que les bâtiments neufs» signale le vice-président du CLER.
L′espoir d′un retour sur investissement rapide
Finalement, il y a peu d’avancées, et peu d’argent supplémentaire mobilisé. Mais à défaut de chiffres, le MEEDDAT a des idées pour tous les secteurs d’énergies renouvelables. L’hydroélectricité, première source d’électricité renouvelable en France, le biogaz, le solaire thermique, et même l’énergie marine, un champ «malheureusement pas arrivé à maturité» précise le ministre. Les biocarburants, notamment ceux de deuxième génération, bénéficieront d’un programme spécifique, encore en cours d’élaboration.
Et la crise financière n’inquiète apparemment pas le ministère. «Ce genre de programme, dans des secteurs à forte croissance et qui répondent à des besoins immédiat, reçoit un retour sur investissement très rapide» rassure Jean-Louis Borloo. «Le seul vrai frein, c’est la troisième partie : l’organisation des secteurs, la simplification des pratiques règlementaires, la mise en place des formations professionnelles...» Selon les chiffres du ministère, le marché des énergies renouvelables devrait représenter 120000 emplois (contre 150000 en Allemagne en 2008) et 24 milliards d’euros en 2012.
Rouba Naaman novethic.fr
Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo a présenté lundi 17 novembre son plan de développement des énergies renouvelables. Parmi les 50 mesures, un fonds d’un milliard d’euros sera destiné au développement du chauffage écologique.
Le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) a présenté lundi un plan pour le développement des énergies renouvelables. Cette série de mesure est directement tirée des conclusions du Grenelle de l’environnement ; elle doit permettre d’atteindre l’objectif de réduction de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) d’ici 2020, ainsi que l’objectif européen de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale. «Nous avions historiquement une avance dans plusieurs domaines du secteur ; nous l’avons perdue. Ce plan doit nous permettre de la retrouver», a expliqué Jean-Louis Borloo.
Le ministre Jean-Louis Borloo a surtout annoncé la mise en place, dès 2009, d’un «fonds chaleur renouvelable» pour encourager le développement des modes de chauffage alternatifs. Ce fonds, confié à l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), sera doté d’un milliard d’euros pour les trois premières années, puis d’environ 800 millions d’euros tous les ans. Le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER), qui revendiquait un tel fonds depuis longtemps, s’inquiète aujourd’hui de son financement. Les sommes proviennent d’une redistribution du budget du MEEDDAT, adopté à l’unanimité le 6 novembre, qui allouera en 2009 moins d’argent aux missions territoires. Seul 30% de ce milliard proviendra de subventions ; les deux tiers restants viennent des caisses privées, de celles des collectivités locales, ou de celles de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF) et de l’ADEME.
Biomasse et géothermie à l’honneur
Parmi les 50 mesures proposées du plan pour les énergies renouvelables, une belle part est consacrée à l’énergie tirée de la biomasse. Un tiers de l’augmentation de la production d’énergie renouvelable prévu pour 2020 proviendra du développement de cette filière. Deux appels d’offres pour la construction de centrales thermiques alimentées par la biomasse ont déjà été lancés, et un troisième doit suivre «dans les prochaines semaines». «Ces appels d’offres mettent les décisions entre les mains des grandes entreprises, et laissent les PME à la marge» regrette Marc Jedliczka, vice-président du CLER. Les 22 centrales en projet de construction bénéficieront du rachat de leur électricité à un tarif préférentiel. L’aide aux particuliers pour l’installation de chaudières individuelles au bois sera maintenu «à un haut niveau», précise le ministère.
Idem pour les pompes à chaleur : leur succès grandissant, grâce au crédit d’impôt, ne devrait pas ralentir. D’ici 2020, 2 millions de foyers devraient en être équipés, maintenant la France à sa place de leader européen du marché. La production d’énergie par géothermie ou par pompes à chaleur sera multipliée par 6 dans la même période. Il s’agit de «relancer à grande échelle la géothermie» explique le ministère, avec notamment une révision du tarif de rachat de l’électricité produite par la géothermie.
Centrales solaires et éoliennes offshore
Avec une progression de 85% l’an dernier, l’éolien tient aussi une grande place dans le plan du MEEDDAT. Par rapport à 2007, la puissance du parc sera multipliée par 10 et le nombre d’éoliennes par 4, soit 8000 éoliennes produisant 25000 MW en 2020. Des objectifs insuffisants pour que la France double ses voisins allemands (20000 MW en 2008) et espagnols (11000 MW en 2008, 20000 MW prévus en 2010) toujours leaders du secteur. Les tarifs d’achat préférentiels seront maintenus au moins jusqu’en 2012, et le ministre a insisté sur sa volonté de «simplifier le système d’installation des éoliennes en mer». Tout, donc, pour favoriser le bourgeonnement de ces installations si peu appréciées des Français… mais de façon plus stricte, en «améliorant la planification territoriale» et en «prévenant les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains».
Au sujet du photovoltaïque, autre secteur à forte croissance en France, Jean-Louis Borloo parle de «changement d’échelle de masse». Et pour cause : la puissance cumulée des panneaux photovoltaïques sur le territoire sera multipliée par 400 d’ici 2020, atteignant 5400 MW. Le ministre voit déjà la France devenir «leader mondial dans le secteur»... Pour cela, un appel d’offres pour la création, d’ici 2011, de centrales solaires dans chaque région française sera lancé fin 2008. Un nouveau tarif préférentiel verra le jour, pour le photovoltaïque intégré aux bâtiments professionnels (45 cts€/kWh). Pour les particuliers, les démarches administratives et fiscales seront simplifiées, «une vraie avancée» pour Marc Jedliczka, mais les tarifs ne seront pas augmentés. «Pourtant, 30 cts€/kWh ce n’est pas assez. Et les aides pour les panneaux intégrés ne concernent de fait que les bâtiments neufs» signale le vice-président du CLER.
L′espoir d′un retour sur investissement rapide
Finalement, il y a peu d’avancées, et peu d’argent supplémentaire mobilisé. Mais à défaut de chiffres, le MEEDDAT a des idées pour tous les secteurs d’énergies renouvelables. L’hydroélectricité, première source d’électricité renouvelable en France, le biogaz, le solaire thermique, et même l’énergie marine, un champ «malheureusement pas arrivé à maturité» précise le ministre. Les biocarburants, notamment ceux de deuxième génération, bénéficieront d’un programme spécifique, encore en cours d’élaboration.
Et la crise financière n’inquiète apparemment pas le ministère. «Ce genre de programme, dans des secteurs à forte croissance et qui répondent à des besoins immédiat, reçoit un retour sur investissement très rapide» rassure Jean-Louis Borloo. «Le seul vrai frein, c’est la troisième partie : l’organisation des secteurs, la simplification des pratiques règlementaires, la mise en place des formations professionnelles...» Selon les chiffres du ministère, le marché des énergies renouvelables devrait représenter 120000 emplois (contre 150000 en Allemagne en 2008) et 24 milliards d’euros en 2012.
Rouba Naaman novethic.fr


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