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Les Légumes oubliés
Le 29 janvier 2001
Vu dans Biocontact Un patrimoine inestimable
Qui, il y a 30, 40 ans, cultivait encore l'arroche, le pourpier, la gesse, le panais... Et qui, à cette époque, aurait imaginé que des centaines de bonnes variétés de légumes seraient non seulement devenues introuvables, mais carrément interdites à la vente ? Très peu de gens, certainement. Et qui aurait prévu, en ce début du 3ème millénaire, que les "légumes oubliés" susciteraient un tel regain de faveur ? Qui aurait prédit le retour du topinambour sur les marchés bio parisiens ? Et que la préservation de la biodiversité se deviendrait un combat emblématique de notre époque ? Biau Germe, un semencier bio, nous relate les enjeux…
La prise de conscience de la fragilité de "notre Mère la Terre" compte parmi les phénomènes de société les plus positifs de cette fin de siècle. Les agriculteurs et les jardiniers -même et peut-être justement les petits- ont un rôle important à jouer pour notre survie à tous.
Revenons aux "légumes oubliés". Pourquoi avaient-ils été délaissés ? Sans doute à cause de l'urbanisation de la population, entraînant l'abandon progressif des potagers au profit des jardins d'agrément (pour ceux qui avaient encore un jardin). Avoir un potager, ça ne faisait pas "chic" dans une banlieue quelque peu résidentielle. Les campagnes se vidant, les gens ayant de moins en moins de temps, il n'y avait plus que quelques irréductibles, économes ou gourmets, qui se faisaient un potager. Et l'attachement aux légumes anciens disparaissait. Leur saveur ne plaisait plus, les gens s'habituant à l'alimentation passe-partout, industrielle et pasteurisée.
Il y en avait qui évoquaient des mauvais souvenirs : les haricots secs des cantines et les deux légumes "obligés" pendant le seconde guerre mondiale : topinambour et rutabaga. Pourtant, ce sont des légumes de grande valeur nutritive, savoureux si l'on sait les cuisiner.
Consommer des légumes anciens demande aussi une rééducation du goût, souvent chez les enfants, (mais pas seulement). Il y a maintenant même quelques grands chefs de restaurants qui les incluent dans leurs menus, et cela fait très tendance !
Et c'est ainsi que l'on redécouvre l'aneth, le cresson, le poireau sauvage, la roquette, le pourpier, le pissenlit, la gesse (pois de senteur), la bourrache... Les nutritionnistes recommandent de les faire entrer dans notre alimentation car ils apportent un complément de forces vitales qui manquent à nos légumes trop poussés dans la sélection. Traditionnellement, ces plantes se récoltaient par cueillette, jusqu'à il y a peu. Mais la pollution provoquée par l'agriculture chimique a découragé les cueilleurs.
Heureusement, on peut toutes les cultiver en potager. Elles sont faciles à venir à venir et très résistantes aux maladies et aux ravageurs.
Les légumes oubliés, donc, sont maintenant en voie de réhabilitation. Ce n'est pas encore le cas pour les variétés anciennes, hélas. Et cela ne tient pas au public, qui ne demanderait pas mieux que d'en cultiver. Ce sont des considérations économiques qui les font disparaître, comme nous allons voir.

Hold-up sur les semences
Depuis les années 50, les obtentions des grands semenciers, c'est-à-dire les nouvelles sélections, qui sont protégées, ont fait une entrée triomphale sur le marché. Et derrière, il y a toute une histoire.
Une sombre histoire. Au début du 20ème siècle, des scientifiques américains eurent l'idée machiavélique de supprimer les semences que tout le monde peut produire soi-même, pour leur substituer des semences reproductibles par des spécialistes uniquement. Ce qui promettait bien plus qu'une affaire en or pour les semenciers. Cela signifiait tenir dans ses mains l'alimentation de l'humanité. Et donc de la faire marcher à sa guise. Le pouvoir absolu, en quelque sorte.
Sitôt pensé, sitôt essayé. On commence par créer les hybrides F1 (en attendant les OGM). L'hybridation volontaire et dirigée avait été mise au point et largement utilisée au 19ème siècle, tant sur les légumes que sur les plantes d'ornement (mais guère sur celles de grande culture). Toutefois, le but des sélectionneurs était toujours d'obtenir des hybrides fixés, c'est-à-dire pouvant se reproduire d'eux-mêmes. C'est-à-dire pouvant se reproduire d'eux-mêmes. Cela demande un suivi de sélection sur dix à douze générations en moyenne. Or, un hybride F1, c'est-à-dire une plante issue de la première génération d'un croisement, c'est tout simplement un hybride non mené à son terme et donc stérile pour celui qui n'a pas les deux "parents" (dont les noms sont jalousement tenus secrets). Résultat : si l'on veut profiter des qualités exceptionnelles d'un hybride F1, il faut l'acheter au semencier. Il coûte très cher, car sa production est compliquée et délicate. Après quelques années, il est au "bout du rouleau", mais déjà remplacé par un autre F1 encore plus exceptionnel, et souvent encore plus cher.
Pourquoi cet épuisement des F1 ? Je l'ignore. On remarque que des croisements spontanés (par exemple sur les courges) donnent des sujets spécialement vigoureux. Comme on les élimine, on ne peut savoir si cette vigueur se maintient. Peut-être, pour des raisons de marketing, est-on obligé de lancer continuellement de nouvelles obtentions sur le marché ? Il est ahurissant de voir le nombre d'hybrides F1 nouvellement inscrits, ainsi que ceux retirés chaque année du catalogue Officiel...

Le marché des hybrides F1
En Europe, les premiers F1 apparurent sur le marché après la deuxième guerre mondiale. On promettait monts et merveilles : plus productifs, plus beaux, uniformes, plus résistants aux maladies... Malgré cela, les agriculteurs et jardiniers se montrèrent assez réticents, surtout à cause du coût élevé des semences. Les maraîchers furent toutefois plus ou moins contraints à s'y mettre, la production industrialisée les obligeant à produire des légumes très uniformes.
A présent, les coopératives de vente ont, pour leurs adhérents, des listes de variétés de légumes cultivables, dont les anciennes sont bien entendu exclues (à quelques exceptions près). Simultanément, les agriculteurs, contraints à une continuelle augmentation de leur production, se sont vu obligés d'utiliser de plus en plus d'engrais chimiques et de pesticides, se voyaient presque obligés d'utiliser des variétés F1 résistantes à telle ou telle maladie (pour deux ou trois ans...). Et les semenciers de lancer continuellement de nouveaux hybrides sur le marché.

Le marché de la semence à l'heure actuelle
Actuellement, la production et le marché de la semence sont régis, en France, par le GNIS (Groupement National Interprofessionnel de la Semence). Il regroupe les semenciers (qui tiennent les rênes), les agriculteurs-multiplicateurs de graines, cultivant sous contrat (qui n'ont rien à dire, sauf à se battre pour que leurs prix ne soient pas complètement dérisoires), et l'Etat (qui n'a qu'une approche très théorique de l'agriculture). Je tiens .à souligner ici que les techniciens du GNIS ne sont pas en cause dans cette politique. Ils s'attachent à sérieusement leur travail; ils doivent ménager la chèvre et le chou, ou plutôt la chèvre et les loups, ce qui n'est pas très confortable. On prévoit dans un futur prochain de les remplacer par des laborantins...
Les grandes firmes semencières ont investi (et investissent toujours) énormément dans la recherche sur les nouvelles variétés, F1 ou non (et les OGM...). Il faut rentabiliser cela. Leurs obtentions sont protégées, l'utilisateur paie des royalties. C'est normal. Par ailleurs, il existait encore, dans les années 60, des milliers de variétés, dont certaines vieilles de plusieurs siècles, encore utilisées par les agriculteurs, les maraîchers et les particuliers. Elles n'étaient souvent que d'un intérêt local, mais toujours bien adaptées à la diversité de climats et des terroirs. La même variété figurait souvent sous différents noms selon la région. Tout cela avait été admirablement répertorié par Henry de Vilmorin (*), dans les années 1880. On n'a jamais fait mieux.

Historique du Catalogue Officiel
Au début des années 60, cette multitude de variétés menaçait de créer une véritable inflation. Il fallait donc éliminer ce qui semblait sans valeur, mettre au point la nomenclature des vieilles variétés, bref mettre de l'ordre. Jusqu'à la rédaction de cet article, j'ai cru à ces raisons. A présent, j'ai des doutes...
N'était-ce pas plutôt (ou surtout) pour faire de la place aux nouvelles obtentions, voire pour en instaurer le monopole ?
Toujours est-il qu'on élimine, au moins, la moitié des variétés anciennes. Les autres furent inscrites (avec les obtentions récentes, au Catalogue Officiel des Semences Potagères, créé pour les besoins, avec l'interdiction de commercialiser les variétés n'y figurant pas. Les variétés anciennes passèrent sous l'appellation "Domaine Public"(par rapport aux obtentions protégées). Leurs frais d'inscription ont été pris en charge par l'Etat. S'il n'y a plus de "mainteneur", c'est-à-dire de semencier qui en continue la multiplication, elles sont radiées du catalogue. Nous sommes à la fin de l'année 2000 : en 35 ans, 90 % environ des variétés "Domaine Public" inscrites ont disparu. Perdues. Perdues, pas tout à fait, elles sont sauvées grâce aux banques de gènes.

Les banques de gènes
L'idée paraît géniale. On sait qu'une graine conservée au sec (20 % d'humidité), à une température optimale, soit un peu au dessus de 0°, peut se conserver presque indéfiniment. Théoriquement... Alors, on créa les banques de gènes, en France et à l'étranger, où des dizaines de milliers de semences sont stockées dans les dites conditions, afin de pouvoir s'en servir, le cas échéant. Donc, génial... Mais, dans la pratique, il y a plusieurs écueils.
En Amérique centrale, dans les années 1980, tout le stock d'une banque de gènes fut détruit par une panne d'électricité. Que sont devenues les nôtres ? (par exemple celles de Bretagne), après la tempête de fin 1999. Les médias n'en ont pas parlé... On ne connaît pas exactement, non plus la longévité des différentes graines. Même dans des conditions de stockage idéal, elle est forcément variable selon l'espèce.
Si l'on s'avisait de vouloir récupérer un gène, qui est forcément enrobé dans un tissu vivant, la graine germera-t-elle encore ? Si elle germe, sa multiplication réussira-t-elle ? S'il y a échec, la variété est perdue pour toujours... Mais y a-t-il seulement des amateurs pour ces gènes ? J'ignore si les producteurs de F1 et d'OGM s'en servent. Quant aux malheureux petits semenciers préoccupés par la biodiversité, ils ont déjà bien assez de mal à s'occuper de ce qui subsiste encore !

L'aventure du Biau Germe
Dans ce sombre tableau, une lueur d'espoir. En fait, même après la réglementation sur les semences, de nombreuses graines, non inscrites, circuleraient toujours chez les marchands grainiers. Elles s'échangeaient entre amateurs et collectionneurs, étaient multipliées "Dieu sait où et comment...". C'est ici que ce situe notre aventure.
Lorsque notre ferme en polyculture-élevage passa en biologie, en 1972, nous nous aperçûmes, grâce aux lectures sur le sujet, de l'importance des semences. Pour bien faire, il faudrait utiliser des semences bio. Pour faire encore mieux, il faudrait les produire soi-même. Nous avons donc commencé par produire nos céréales, (en introduisant par exemple le blé "Rouge de Bordeaux", qu'avait retrouvé notre ami Philippe Desbrosses) et à récolter des graines de légumes faciles à reproduire, pour les besoins du potager familial.
Nous avons toujours d'excellentes souches remontant à cette époque. En 1980, l'élevage et les grandes cultures furent abandonnés alors que l'idée du "Biau Germe" germa. Pourquoi ne pas produire de la graine bio, introuvable en France? Deux producteurs en Europe, en tout et pour tout : Ekkarthof en Suisse, De Bolster en Hollande.
Pourquoi pas un troisième en France? Les débuts furent microscopiques. Le premier catalogue, paru en 1972, était un simple listing, constitué de 55 articles... Il s'étoffe, d'année en année, avec de plus en plus de variétés ne figurant pas au Catalogue Officiel. De nombreux clients nous envoyaient des graines(cela continue encore).
Les appellations semblent parfois fantaisistes, mais on arrive toujours à identifier la variété, grâce à l'ouvrage de Vilmorin, lorsqu'on la cultive. Nous avons également épluché les catalogues étrangers, de vraies mines...
Nous étions, pour le coup, dans l'illégalité, mais l'administration nous laissait tranquille, notre taille était tellement microscopique. En fait, nous le sommes toujours par rapport aux grands semenciers, qui ont été presque tous rachetés par des géants de la chimie. Notre équipe s'est étoffée. Le Biau Germe est actuellement un groupe de sept exploitants agricoles, secondés par leurs épouses.

La fin de la tolérance
Seulement voilà, même un microbe peut devenir dangereux s'il se met à proliférer. Nous avions le vent en poupe. L'intérêt pour les variétés anciennes allait croissant, et pas seulement dans la petite tribu bio. On s'est aperçu qu'elles avaient du goût, comparées aux variétés "industrielles". Il y a également la prise de conscience consternant la biodiversité. La demande provoquant l'offre, d'autres semenciers nous rejoignirent sur ce créneau (voir adresses en fin d'article). Heureusement, car nous n'arrivions plus à suivre...
Ce que nous redoutions, ce que nous sentions arriver arriva, vers la fin de cette décennie. Les grands semenciers se sont mis à produire des graines bio à grande échelle, avant tout pour les maraîchers. Simultanément, "les pouvoirs publics" bloquèrent la circulation des variétés anciennes non inscrites, après une période de "tolérance officialisée". Le 1er janvier 1998, un arrêté du Journal Officiel instaure une liste à part, dite "de variétés anciennes".Leur vente en est autorisée aux seuls jardiniers amateurs, en petites quantités et en France uniquement. Donc, accès interdit aux maraîchers. Tant pis pour le particulier qui n'a pas de jardin, il ne peut plus bénéficier des anciennes variétés. C'est tout à fait discriminatoire sur le plan commercial, mais surtout humain. C'est surtout une sérieuse entrave à la diffusion, donc à la survie de notre patrimoine public. Véritable enjeu géno-stratégique, ce combat s'inscrit dans la droite ligne du combat contre la brevetabilité du vivant, contre les OGM (Ndlr).
Le but des grands semenciers est, selon leurs propres termes, de "régulariser le marché de la semence". En clair : écraser les marginaux, pour avoir les mains libres. Y arriveront-ils ? Cela dépend aussi de vous, lecteurs.

QUE FAIRE ?
Je n'ai pas parlé des OGM, car le problème est connu aujourd'hui. Le spectre de la "Frankenstein food" (expression utilisée par les anti-OGM américains) dans nos assiettes fait peur à tout le monde. Vous avez certainement déjà pris position, signé telle ou telle pétition contre les OGM.
Pour contribuer à préserver la biodiversité, notamment de nos graines potagères, vous avez de nombreuses possibilités :
  • Si vous jardinez, utilisez des variétés anciennes, vous étonnerez vos amis en flattant votre palais... Tant qu'elles seront demandées, elles ne pourront pas disparaître. On les reconnaît à leur faible prix de vente (eh oui...) et à leur nom, le plus souvent lié à une localité (chou de Pontoise ou d'Aubervilliers, poireau de Carentan, haricot de Rocquencourt, courgette ronde de Nice, crosnes, du nom d'une petite ville de l'Essonne, haricot tarbais...).
    Le nom est parfois excessif, amusant (laitue grosse blonde paresseuse, haricot Saint-Esprit à l'oeil rouge, betterave crapaudine, pois Serpette cent pour un...). En achetant vos graines chez des producteurs bio, vous les aidez à continuer. Ils font de l'agriculture biologique ou biodynamique de manière sérieuse et travaillent avec et sur des souches stables. Soyez curieux, essayez des variétés peu connues. Vous aurez de bonnes surprises !
  • Faites-en la publicité chez vos voisins et amis, échangez des graines...
  • Si vous n'avez pas de jardin, vous pouvez soutenir les initiatives visant à maintenir la biodiversité, que ce soit sur des foires, salons ou journées portes ouvertes.
  • Dans les boutiques, sur les marchés, essayez les variétés anciennes, demandez-les, goûtez et faites goûter. Souvent, c'est par crainte de la mévente que le commerçant ne les propose pas. Soutenez les petits maraîchers de proximité, qui se mettent dans l'illégalité lorsqu'ils nous proposent des variétés du terroir.
Des frais d'inscription ruineux
Les semenciers qui font inscrire leurs nouvelles obtentions ont des droits à payer au GNIS : 4.500 francs par variété, et se remboursent par des royalties sur chaque paquet de graines vendu. Toutefois, lors de la création du Catalogue Officiel, toutes les variétés "Domaine Public" on été inscrites gratuitement. Il nous semble donc tout à fait inadmissible que les semenciers aient à payer des droits d'inscription (réduits il est vrai) pour les variétés dites "anciennes", alors qu'elles sont bien sûr elles aussi du domaine public !
Pour nous, les petites entreprises marginales, préoccupées par la biodiversité, ces droits sont trop lourds à supporter. Si bien que notre collègue Terre de Semences, dont le cheval de bataille était la quantité énorme de variétés très spéciales (et donc de ventes faibles) a dû cesser son activité commerciale pour la France et poursuivre son travail sous forme d'association à but non lucratif (Kokopelli). Il y a bien sûr des collections privées -fantastiques- mais qui les sauvera quand les collectionneurs s'arrêteront ? L'Etat ? Et si oui, pourquoi alors ne pas aider les mainteneurs (ndlr : ceux qui maintiennent les anciennes variétés de graines) à faire ce travail ? Avoir des gènes intéressants de plantes qui sont cultivées dans des milliers de jardins à travers le territoire serait la meilleure façon de les conserver et cela ne coûterait pas un sou à la collectivité.

Notre survie à tous
Nos semences anciennes font partie du patrimoine commun de l'humanité, au même titre que le Mont Saint-Michel ou le Canal du Midi. A une nuance près : l'humanité survivrait très probablement sans ces ouvrages. Survivrait-elle, nourrie à la "Frankenstein food" ?
(*) Ces faits ont été mis en lumière par les travaux de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l'INRA de Montpellier.

Sylvia Schmid, pour Biau Germe.

Le Biau Germe, 47360 Montpezat, tél. / fax : 05.53.95.95.04.
Email : biaugerme@wanadoo.fr
www.biaugerme.com
Catalogue contre 3 timbres à 3 F. 64 pages.
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