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Le mythe du Calcium
Le 19 janvier 2001
Vu dans Biocontact Le lait de vache en question
Anne-Laroche-Walter, auteur et conférencière, démonte ici une des croyances diététiques les mieux ancrées, à savoir que le lait de vache serait la meilleure source de calcium. Mais celui-ci est-il réellement assimilable ?
Conseillant depuis des années à mes patients la suppression des produits laitiers, je suis surprise de constater, chez certains d′entre eux, la "peur" de manquer de calcium. Une peur non fondée qui, souvent d′ailleurs, crée un déséquilibre d′assimilation.
Pourtant, nos ancêtres (8.000 ans en arrière) ne consommaient pas de lait de vache, leur os étaient plus forts en calcium et ne possèdaient en plus, aucune trace de tuberculose. D′après le paléoanthropologue Yves Coppens, la tuberculose se lit sur le squelette et les vertèbres. Or on retrouve les traces de la tuberculose bovine sur les vaches datant de 10.000 ou 15.000 ans, et ce n′est qu′à partir du moment où l′homme les a domestiquées, c′est-à-dire il y a 8.000 ans, que cette tuberculose bovine est devenue une tuberculose humaine.
La barrière des espèces a sauté, elle est très perméable et pas si fiable qu′on pourrait le penser. D′après Yves Coppens, il faut rester toujours très vigilant dans ce domaine.

Un calcium non assimilable
On dit que le lait de vache est une source importante de calcium. C′est vrai pour le veau mais pas pour nous. Le calcium de lait de vache nous est inaccessible : celui-ci contient beaucoup trop de phosphore pour notre organisme. Or, cet élément stimule les deux glandes parathyroïdes qui, du coup, bloquent le processus d′assimilation du calcium.
D′autre part, les protéines spécifiques contenues dans le lait animal ont pour fonction de transmettre l′information nécessaire à l′élaboration de l′osséine (un filet sur cartilage retenant les minéraux). Or cette élaboration n′est pas adaptée à notre espèce mais au veau. Ce qui veut dire, en clair, que chez le bébé, l′enfant et l′adulte, une partie des minéraux ne sera pas assimilée, ce qui entraînera une déminéralisation lente et progressive.
Curieusement, on constate d′un côté une diminution du taux de minéraux dans le sang, ce qui peut induire des problèmes d′anémie, et de l′autre une accumulation de calcium dans les tissus, provoquant kystes, calculs et becs de perroquet. D′ailleurs, pour obtenir un veau blanc ou un cochon de lait, l′éleveur anémie littéralement l′animal en ne lui donnant que du lait en excès. Excès qui favorise également une perte de zinc.
Notre civilisation, trop riche, se rend malade par excès, occultant ainsi la peur du manque. Et ce n′est pas en prenant plus d′aliments que le corps aura son content de calcium, bien au contraire...
Dans un tout autre domaine, et à titre d′information, le lait de vache contient très peu de lipase en comparaison avec le lait maternel qui, lui, en contient beaucoup. Or, la lipase joue un rôle très important chez le nourrisson car elle compense une déficience du suc pancréatique qui n′est pas encore bien établi chez les tout petits.

Le calcium : un rôle vital
Même s′il ne constitue que 3,64 % de la croûte terrestre, le calcium, élément présent dans environ 400 minéraux, joue un rôle important, nous le savons, dans la formation des os, la coagulation du sang, la conduction nerveuse et musculaire mais aussi la régulation de l′équilibre acido-basique (dont le pH neutre se situe entre 7,35 et 7,45).
Cet équilibre, justement, permet la fixation de tous les minéraux. Si le terrain se trouve en pH acide, il y a déperdition des minéraux et il ne sert à rien de pallier cette perte par des apports extérieurs de calcium ou de magnésium par exemple. Il faudra plutôt corriger l′acidité du terrain pour permettre une reminéralisation constante et naturelle.
Les besoins par jour de calcium varient entre 600 et 1.200 mg, un peu plus pour la femme enceinte, 1.600 mg. L′organisme humain contient normalement 2 % de calcium fixé principalement sur le squelette. Le plasma, lui, contient 100 mg, soit 1 % de calcium total par litre.
Une baisse de calcium dans le sang circulant, ou hypocalcémie, entraîne des crises de tétanie et de spasmophilie correspondant à un état permanent d′hyperexcitabilité neuromusculaire. Cet état est consécutif à une hypoparathyroïdie et une hyperphosphorémie.
Une hausse de calcium dans le sang, ou hypercalcémie, entraîne troubles digestifs, constipation, lésions osseuses et calculs. Cet état est consécutif à une hyperparathyroïdie primitive et une hypophosphorémie.
Heureusement, s′il n′existe pas de déséquilibre glandulaire, la thyroïde et le thymus secrètent une hormone, la calcitonine. Son rôle est d′abaisser et de réguler le taux sanguin du calcium et de phosphore afin d′empêcher la résorption osseuse, cause de l′ostéoporose, maladie de Paget et de décalcification.

Comment mieux fixer le calcium ?
En réduisant, voire en éliminant, les aliments acides : sucres blanc et roux, toutes préparations qui en contiennent, fruits acides, fruits non mûrs, associations de fruits acides, tomates, vinaigre ou miel avec des hydrates de carbone lents (pâtes, riz, pain, féculents...), les excès alimentaires de céréales, le vin, l′alcool, le tabac.
Les aliments contenant des conservateurs "polyphosphatés" ont la réputation de neutraliser le calcium (certaines charcuteries et fromages industriels, entre autres, en contiennent). Les pollutions atmosphériques et les stress répétés sont également facteurs acidifiants ainsi que certains médicaments. Il nous reste à comprendre que les fruits acides (citrons, oranges, pamplemousses, abricots, prunes) exercent une action basique uniquement chez les personnes en bonne santé, ayant un pH neutre et dont le potentiel vital est fort.
Par contre, chez une personne déminéralisée, ayant un pH acide, frileuse, en état de choc ou de dépression et de grande fatigue, la prise de fruits acides accentue ce déséquilibre par une acidification permanente du milieu digestif : le calcium migre et se dépose un peu partout, notamment au niveau des articulations et des artères. Un terrain acide induit un sang alcalin et le sang d′une personne atteinte de maladie auto-immune se trouve être de type "alcalin-oxydé".
Le métabolisme acido-basique est assez complexe et dépend de plusieurs facteurs, entre autres de la nature de la personne, de la période de stress ou état d′harmonie, de la qualité et quantité des aliments pris contenant des éléments favorisant une bonne calcification.

Où trouver du bon calcium ?
Nous trouvons suffisamment de calcium assimilable dans une alimentation fraîche, naturelle et équilibrée. Notamment dans les fruits oléagineux, les fruits doux, mi-acides, les algues, les légumes (particulièrement le navet et tous les légumes verts en général) et légumineuses, les poissons et les céréales complètes. Cependant, un excès de céréales complètes acidifie et empêche la fixation du calcium.
Un sport régulier, non excessif, adapté à chacun, permet également de maintenir une calcification naturelle, la consolidation des os et la prévention de l′ostéoporose. Les principaux régulateurs du calcium sont la vitamine D (synthétisée dans la peau sous l′action de la lumière solaire) et l′hormone parathyroïdienne qui augmente la calcémie en mobilisant le calcium. Pour une meilleure assimilation, le calcium devrait s′accompagner de magnésium. Le manganèse est l′antagoniste naturel du calcium : il évite donc les dépôts anarchiques de calcium aussi bien dans la cellule que sur les parois des artères, leur donnant plus de souplesse et évitant ainsi les rhumatismes et l′arthrose.

Bonne fixation des minéraux : les points essentiels
  • Eviter tout apport excessif d′aliments acides.
  • Augmenter les bases avec des aliments basiques (légumes verts par exemple).
  • Si nécessaire, apport supplémentaire et naturel de bases (silicium organique) ou par homéopathie.
  • Favoriser l′élimination des toxines par les reins, foie, pancréas, poumons, peau, avec des draineurs naturels et des exercices physiques.
  • Maintenir l′équilibre biologique de la flore intestinale qui s′oppose au développement des bactéries nocives par un apport régulier de pollen frais ou de levures probiotiques, bio-ferments.
  • Réduire le stress (social et familial). Différentes méthodes le permettent : yoga, taï-chi, création artistique, chant, sophrologie, harmonisation du corps sensible.
  • Profiter de l′ensoleillement (sans excès).
Lorsque je vivais en Egypte, j′ai été surprise par la frugalité des Bédouins qui, par ailleurs, font preuve d′une grande vitalité et d′une extrême endurance. Aussi, j′en conclus qu′au delà du phénomène d′adaptation au milieu,
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